Projets / Proposition Finaliste au concours d'architecture de l'Espace Riopelle du MNBAQ
Une proposition finaliste pour l’Espace Riopelle du MNBAQ
L’échappée Riopelle propose une intervention architecturale discrète et signifiante, conçue comme un lieu de convergence entre art, paysage et espace public au cœur du MNBAQ.
Un site en tension, une réponse en retenue
Le site retenu par le MNBAQ, soit l’emplacement de l’actuel pavillon central, est un lieu hautement symbolique, mais aussi profondément complexe. Entouré de repères architecturaux et urbains forts, les pavillons Gérard-Morisset et Charles-Baillairgé, l’avenue Wolfe-Montcalm et son rond-point monumental, le pavillon Lassonde et, en arrière-plan, le parc des Champs-de-Bataille, le site est marqué par une forte concurrence visuelle et spatiale. Dans ce contexte, plutôt que d’ajouter un nouvel objet architectural de plus, notre proposition a fait le choix d’une présence à la fois discrète, lisible et profondément signifiante.
S’enraciner dans l’existant pour mieux l’ouvrir
La proposition pour le nouvel Espace Riopelle s’inscrit avec sensibilité dans son environnement bâti et paysager. Elle repose sur le prolongement et l’ouverture de l’axe historique de l’avenue Wolfe-Montcalm afin de rendre le site plus accessible, plus poreux et mieux connecté au réseau de parcours piétonniers.
Pour y parvenir, nous avons choisi de transformer et d’agrandir le pavillon central existant, ancrant ainsi l’intervention dans les conditions en place. Le toit de verre est déconstruit, tout comme les deux pointes des portiques qui le soutenaient, libérant un passage continu vers les plaines d’Abraham. Cet espace libéré devient un parvis public, un lieu de transition ouvert et accueillant, délimité par des parois vitrées offrant des vues croisées entre l’intérieur du musée et l’espace extérieur.
La hauteur limitée hors sol confère à ce nouveau parvis une échelle humaine propice aux rencontres, à la détente et à la contemplation, tout en préservant des vues dégagées sur les pavillons Charles-Baillairgé et Gérard-Morisset.
Un carrefour fluide au cœur du musée
La continuité intérieure du musée est assurée par l’inclinaison de ce nouvel espace public au rez-de-chaussée. Celui-ci intègre une circulation courte et intuitive qui canalise les flux entre le nouveau carrefour Riopelle, le hall principal et le pavillon Gérard-Morisset, tout en clarifiant les usages et en orientant la visite.
Le carrefour devient ainsi un véritable lieu de convergence, largement ouvert sur le hall et le café, et renforcé par une restructuration légère des tunnels reliant les pavillons Lassonde et Charles-Baillairgé. Cette nouvelle centralité améliore la fluidité des déplacements et renforce la lisibilité de l’ensemble muséal.
Un lieu d’échanges, de création et de transmission
Au-delà de sa fonction de passage, le carrefour Riopelle se transforme en un lieu d’échanges et d’expérimentation, notamment grâce à l’intégration d’un petit atelier dédié à l’exploration des techniques de l’artiste. Il devient également le point de départ de l’exposition Riopelle, qui se déploie dans un nouveau rez-de-jardin au sud, en contrebas de l’escalier monumental qui agit aussi comme gradins.
L’intervention vise ainsi à faire du carrefour Riopelle bien plus qu’un simple espace de rencontre interne, mais un véritable lieu de croisement entre les parcours, les disciplines et les publics, ouvert visuellement et symboliquement sur la ville et le paysage.
Entre architecture, paysage et œuvre d’art
Notre proposition cherche à brouiller volontairement les frontières entre architecture et nature, entre intérieur et extérieur, entre existant et nouveau. L’Espace Riopelle se situe à la croisée d’un bâtiment, d’un paysage, d’un objet d’art et d’un territoire.
Guidée par le désir de servir l’œuvre de Jean-Paul Riopelle, notre vision était de créer un espace généreux, un lieu de rencontre, d’apprentissage et de convergence, profondément ancré dans la communauté. Un lieu capable de devenir, au fil des heures du jour et des saisons, le centre de gravité du MNBAQ, un cœur vivant et un point focal de la vie culturelle québécoise.
Par son programme et son site, la proposition visait une symbiose étroite avec son environnement naturel et bâti, une intervention indissociable de son contexte. Mais avant tout, nous avons cherché à créer une brèche, une ouverture sur un monde de couleurs, de matières et de gestes, un trait d’union durable entre la population québécoise et l’œuvre colossale de Jean-Paul Riopelle.