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L’architecte en patrimoine : diagnostiquer, soigner et transmettre le bâti

3 octobre 2020

Écrit par

STGM Architecture

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Très recherchée aujourd’hui, la profession spécialisée d’architecte en patrimoine demeure pourtant encore méconnue. À l’image d’un médecin face à un·e patient·e, l’architecte en patrimoine évalue et analyse l’état d’un bâtiment. Il ou elle observe, lit, mesure et interprète les symptômes que révèle l’édifice. À partir de ce diagnostic, l’architecte intervient afin de documenter, conserver et protéger les éléments à forte valeur patrimoniale, tout en assurant la pérennité du bâtiment.

Un·e bon·ne architecte en patrimoine sait hiérarchiser les différentes strates et transformations d’un bâtiment existant. La lecture fine de l’état des composantes guide les interventions, qu’elles relèvent de la préservation, de la restauration ou, dans certains cas, de la démolition. Une fois la « pathologie » identifiée, l’architecte établit une démarche d’intervention adaptée. Dans des situations urgentes, il ou elle doit prioriser les actions nécessaires pour sécuriser et sauvegarder l’édifice. La préservation passe aussi par une multitude de « soins » visant à entretenir, améliorer la qualité, prolonger la durée de vie et mettre en valeur le patrimoine bâti.

Visionnaire par nature, l’architecte en patrimoine applique depuis longtemps les principes du développement durable, notamment par la réutilisation, la restauration et la revalorisation des bâtiments existants. Cette approche favorise l’utilisation de matériaux locaux et le recours à une main-d’œuvre spécialisée porteuse de savoir-faire. Tout matériau existant et en bon état est prioritairement conservé et réemployé.

Du patrimoine moderne aux édifices les plus anciens, l’architecte en patrimoine est appelé·e à analyser et à intervenir sur une grande diversité d’éléments : objets, mobiliers, finis, couleurs, matériaux, fenêtres, portes, toitures, planchers, sites et paysages historiques, tant urbains que ruraux. Cette pratique exige une grande polyvalence, qu’il s’agisse d’églises et de monastères en maçonnerie ou de granges et maisons ancestrales en bois en milieu rural.

La discipline évolue constamment. Recherche, nouveaux matériaux, méthodes innovantes et technologies de pointe transforment la pratique. Le BIM (Building Information Modeling), les relevés laser et l’utilisation de drones permettent aujourd’hui de documenter les bâtiments avec une précision accrue et de créer des maquettes numériques tridimensionnelles. Il revient à l’architecte en patrimoine d’évaluer la pertinence de ces outils et de les intégrer judicieusement à une pratique ancrée dans la tradition.

Enfin, l’architecture patrimoniale est fondamentalement un travail d’équipe. Devant chaque diagnostic, l’architecte doit s’entourer d’un réseau étendu de spécialistes : ingénieur·e·s, expert·e·s en décontamination, archivistes, historien·ne·s, archéologues, arpenteur·e·s-géomètres, biologistes, restaurateur·rice·s, artisan·e·s — tailleur·euse·s de pierre, maçon·ne·s, menuisiers, ferblantier·ère·s, plâtrier·ère·s, sculpteur·rice·s, entre autres.