Analyse de cycle de vie : mesurer pour mieux orienter les choix de conception
15 juillet 2026
L’analyse de cycle de vie (ACV) prend une place grandissante dans la conception des bâtiments. En quantifiant les émissions de gaz à effet de serre associées aux matériaux, elle permet de comparer différentes approches et d’appuyer les décisions de conception sur des données mesurables plutôt que sur des intuitions.
Chez STGM, nous intégrons progressivement cette démarche à notre pratique. Après une première analyse réalisée sur le projet Waterloo, nous avons poursuivi l’exercice avec le pavillon du Parc nature de Pointe-aux-Outardes, un bâtiment d’accueil et centre d’interprétation de 527 m² conçu pour s’intégrer harmonieusement à son environnement naturel.
Une analyse fondée sur des données adaptées au contexte québécois
L’étude a été réalisée à l’aide de Gestimat, un outil développé par Cécobois qui permet d’estimer les émissions de gaz à effet de serre associées aux matériaux de construction. Elle porte sur les modules A1 à A3, soit les émissions liées à la production des matériaux, à partir d’une base de données adaptée au marché québécois. Les matériaux structuraux et les principaux composants de l’enveloppe ont été analysés, tandis que les aménagements intérieurs, les systèmes mécaniques et les travaux de site étaient exclus du périmètre de l’étude.
Cette démarche est réalisée en collaboration avec CIMA+, dans le cadre de notre participation à l’initiative CBCB – Bâtiments bas carbone, et contribue également aux travaux de Cécobois visant à enrichir la base de données Gestimat ainsi qu’à documenter l’empreinte carbone moyenne de différentes catégories de bâtiments.
Un bâtiment déjà favorable à une faible empreinte carbone
Le projet réunissait plusieurs caractéristiques reconnues pour limiter les émissions de GES associées aux matériaux :
des fondations sur pieux d’acier, réduisant presque entièrement le recours au béton;
une structure légère en ossature de bois;
des parements extérieurs en cèdre;
une volumétrie simple, favorisant une utilisation efficace des matériaux.
Pavillon du parc nature de Pointe-aux-Outardes ©Alexandre Guérin
Les résultats confirment la pertinence de ces choix. L’empreinte carbone totale des matériaux analysés atteint 103 221 kg CO₂ éq., soit 196 kg CO₂ éq./m², un résultat particulièrement faible pour ce type de bâtiment. L’analyse met également en évidence un stockage de carbone de 342 029 kg CO₂ éq. attribuable aux produits du bois, un résultat qui doit toutefois être interprété avec prudence puisqu’il dépend notamment du scénario de fin de vie des matériaux.
Utiliser l’ACV pour tester des scénarios
L’intérêt d’une analyse de cycle de vie ne réside pas uniquement dans le bilan du projet construit. Elle permet également d’évaluer différentes hypothèses de conception.
Dans ce cas-ci, un scénario de substitution a été réalisé en remplaçant les isolants conventionnels — laine de verre et laine de roche — par des isolants biosourcés comme la cellulose et le chanvre.
À lui seul, ce changement permettrait de réduire l’empreinte carbone du bâtiment d’environ 10 %. Ce résultat illustre à quel point les choix de matériaux, même lorsqu’ils concernent un seul système constructif, peuvent influencer le bilan environnemental global d’un projet.
Une démarche d’amélioration continue
Pour STGM, l’analyse de cycle de vie n’est pas une étape de validation réalisée une fois les plans terminés. C’est un outil d’aide à la décision qui nourrit la conception, permet de comparer différentes options et contribue à améliorer les projets de façon continue.
Chaque analyse réalisée enrichit également les connaissances collectives du secteur. En participant aux travaux de Cécobois et à l’initiative CBCB, nous souhaitons contribuer au développement de références fiables qui permettront à l’ensemble de l’industrie de concevoir des bâtiments toujours plus sobres en carbone.